2014-10-23

Destination // Anadyr : cité interdite

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Le 16 septembre dernier Corsair s’est posée au Chukotka, à l’extrême Nord-Est de la Sibérie, en face de l’Alaska. Oui, un Airbus A330 au bout du monde avec près de 200 passagers à bord !


Passagers, membres d’équipage et personnel de l’aéroport, chacun avait le sentiment de vivre un moment unique… Corsair va loin mais des Antilles, de l’Afrique, de l’Océan Indien au Grand Nord arctique il y a plus qu’un pas !

Corsair, compagnie régulière, a comme vocation première de transporter ses passagers vers ces destinations mais, en fonction de la saisonnalité des vols, la compagnie aménage son programme de vols pour « libérer » un avion et le louer sur le marché des vols affrétés appelés aussi « charters ».

Le service à bord de Corsair est reconnu pour la qualité de son accueil et ses cabines nouvellement réaménagées. Les courtiers aériens le savent bien et la sollicitent pour des vols privatisés quand les destinations sont mal desservies par vols réguliers.

Pro Sky est l’un de ces courtiers.

Le courtier aérien, comme une agence immobilière qui recherche un appartement, évalue la demande du client et propose un choix de compagnies aériennes répondant aux critères qui lui ont été fixés. « Travailler avec Corsair est une chance! Le simple nom de la compagnie évoque pour tous les vacances et l’exotisme. Mais c’est bien pour le professionnalisme de ses équipes, au sol comme en vol, que nous sommes allés vers eux !» souligne Gilles Meynard, directeur du courtier aérien Pro Sky. « En cette semaine de la mi-septembre, nous les faisons voler deux fois : vers Anadyr et dans deux jours, en Boeing 747, vers Nice» poursuit Gilles Meynard.

La préparation d’un vol comme celui vers Anadyr prend du temps. L’équipe Corsair dédiée aux charters inclut un responsable commercial qui effectue les cotations et rédige le contrat. Les charters impliquent aussi les autres services traditionnels de l’entreprise : Programme, Opérations, Escales extérieures, planification PN (personnel naviguant), Catering.

Le jour J approche et les membres d’équipage (pilotes, hôtesses, stewards et responsable d’escale) ainsi que le chef d’escale Pro Sky se sont mis en place la veille pour assurer le vol retour Anadyr-Paris.

« Ce vol charter se mérite », comme le souligne la chef de cabine Christine Ayma. « Nous avons fait appel à des personnels navigants volontaires et les candidatures se sont bousculées. C’est bien sûr avec joie que j’accompagne aujourd’hui l’équipe à ce bout du monde.». Laurent Byache, steward, est ravi : « ça change ! Surtout pour le transfert en barge vers l’hôtel»

Même les locaux chukotes, yakoutes ou russes de la Fédération, vont se souvenir longtemps de l’arrivée de l’équipage ! La région est effectivement considérée comme sensible et un permis spécial, en plus du visa délivré –à la dernière minute - par les services consulaires russes, est nécessaire. Même si la guerre froide s’est achevée avec la chute de l’Union Soviétique, les entrées en Chutokta sont surveillées, y compris pour les autres citoyens Russes. A l’arrivée de la mise en place de l’équipage, les autorités étaient bien tatillonnes mais tout s’est déroulé déroule dans la plus parfaite cordialité. On pouvait même déceler chez nos hôtes une fierté peu dissimulée. Si les vols internationaux existent déjà (comme les charters vers Nome en Alaska) ainsi que les vols privés de Roman Abramovich, ex-gouverneur de la région et Président du Club anglais du Chelsea FC, peu d’avions étrangers viennent même si il y a un an en Septembre 2013, Pro Sky faisait déjà poser le premier gros porteur occidental à Anadyr…

Bienvenue donc à Anadyr !

Les Etats-Unis sont tout près. Les relations politiques entre les deux pays sont en cette mi-septembre 2014…tendues. Le sous-sol regorge ici de matières premières stratégiques : gaz, uranium, pétrole. Sans parler des diamants (25% de la production mondiale) ! On comprend pourquoi les sommets de la ville sont encore hérissés des « Oreilles de Moscou », gigantesques paraboles tournées vers l’Est…

Le tourisme est inexistant. Pas de syndicat d’initiatives, un seul hôtel 3 étoiles de… 24 chambres, assailli pour l’occasion par les français. Anadyr, 11000 habitants, cité interdite, reste toujours close : pas de routes si ce n’est celles qui se croisent à angle droit au centre ville. Aucun pont pour relier l’aéroport, de l’autre côté de la baie : il faut traverser en barge…Plus facile l’hiver quand la couche de glace supporte les cohortes de minibus 6 places qui circulent alors plus librement. Quatre vols hebdomadaires réguliers vers Moscou, un seul vers Khabarovsk, près de la Chine et c’est tout ! Mais un hôpital ultra moderne, le wifi à tous les étages, des I-phones partout et, comme ailleurs, les casques rivés sur les oreilles des ados aux yeux bridés et aux pommettes saillantes…

La ville fait penser -de loin-, lorsque l’on emprunte la barge, à la Côte Amalfitaine. Les barres HLM, construites dans les années 60 et rénovées depuis, se déclinent en un camaïeu improbable de jaune, d’orange, de rouge surligné de vert et de bleu. « La palette de l’Arc-en-Ciel est effectivement bien utilisée, rendant le ciel moins lourd et le paysage moins triste » » comme le précise Serguey, seul réceptif local et correspondant de la compagnie de croisière Le Ponant.

La Compagnie du Ponant.

Pro Sky organise pour La Compagnie du Ponant les vols affrétés dans des destinations difficiles peu reliées par vols réguliers. Ses navires d’exception, comme Le Soléal récemment inauguré, se sont spécialisés dans les croisières du Grand Nord, celles qui du Groenland au Detroit de Béring (entre la Russie et l’Alaska) permettent, dans un confort d’exception, d’aller ou peu de personnes vont et de découvrir une faune, une culture et des paysages quasiment inexplorés. A Anadyr, les passagers de la croisière ont pu débarquer au plus près de l’aéroport, sur un quai abandonné mais leurs bagages avaient au préalable été amenés dans l’aérogare internationale. Ils n’avaient plus qu’à sélectionner les leurs avant de s’enregistrer aux comptoirs.

Le vol non-stop de 10H20 s’est finalement passé sans encombre pour se poser à Orly : contrat rempli !


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