2021-07-20

« Le développement durable est une affaire de conscience » D.Deubner (MICE Club)

Développement durable
Dominik Deubner révèle en quoi les événements MICE durables sont avant tout une question d’attitude.

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Dominik Deubner, fondateur et propriétaire de MICE Club, échange en permanence avec des experts du secteur MICE en Allemagne et nous révèle en quoi les événements MICE durables sont avant tout une question d’attitude.


Monsieur Deubner, vous êtes en contact régulier avec des organisateurs MICE, notamment sur les marchés germanophones. Le développement durable gagne-t-il en popularité lors de l’organisation d'événements ?

Absolument ! Dans notre secteur, le sujet est sur toutes les lèvres, et pas seulement depuis les Fridays for Future (Mouvement de solidarité pour le climat). Le secteur MICE est en soi source de nombreux gaspillages : les voyages, les transferts, la restauration, les mises en scène spectaculaires... Beaucoup de choses sont mises en œuvre pour un seul événement, puis jetées. Notre secteur doit ici jouer un rôle précurseur et faire un travail de sensibilisation.

Comment convaincre les agences MICE et les clients de se lancer dans l’aventure ?

Faire la morale en pointant du doigt les mauvais comportements est certainement une mauvaise approche. Pour rendre le secteur durable, nous devons d’abord convaincre. La dogmatique n’a pas sa place, nous devons sensibiliser et trouver des arguments convaincants. Nous devons faire comprendre que les alternatives durables ne sont pas synonymes de sacrifice. Les stands utilisés sur les salons en sont un bon exemple. Réutiliser au lieu de racheter, c’est non seulement plus écolo, mais aussi plus économique. Et cet exemple peut susciter la curiosité.

Le budget est un argument souvent avancé contre les alternatives durables. Est-ce le cas dans les faits ?

Non. La chaîne de valeur ne doit pas être évaluée en termes de prix. Nous ne pouvons laisser à nos descendants une planète dévastée. Et de plus en plus d’entreprises comprennent que leur activité ne peut être pérenne qu’en étant durable. Nous devons réaliser toute l’importance de changer de comportement. Les retours seraient alors : « cool, j’ai participé à un événement durable. »

Quelles sont ici les responsabilités des agences MICE ? Et celles des clients finaux ?

La plupart des clients finaux, les annonceurs, n’ont pas encore conscience du problème. L’agence MICE a donc la responsabilité de proposer des idées novatrices. Elle est le moteur de l’innovation. Certains clients ont déjà défini des cahiers des charges en la matière. Mais hélas, il s’agit souvent d’un document simplement remis à l’agence, sans en porter réellement les valeurs. J’aimerais parfois demander à mes clients comment proposer une restauration aussi économique que possible mais avec des produits locaux. J’aimerais plus de cohérence.

L'argument du "sans plastique" peut-il devenir déterminant ?

De plus en plus d’appels d’offres interdisent effectivement la vaisselle jetable comme critère d'attribution du marché. Nous proposons donc des ateliers sur le développement durable pour sensibiliser les fournisseurs sur le sujet.

Ce qui nous amène à la compensation carbone. Qu’en pensez­-vous ?

Il vaut mieux éviter que compenser. Nous invitons systématiquement à chercher des transports neutres, par exemple par voie ferrée. Bien sûr, nous compensons nos propres émissions. C’est important pour nous. Nous avons néanmoins peu d’outils pour convaincre nos clients d'en faire de même. Il convient parfois de souligner que la compensation ne coûte que quelques dizaines d’euros. Pour présenter son événement comme étant neutre pour le climat, la compensation carbone est inévitable. En particulier quand il n’est pas possible de se rendre sur place en train. Car en renonçant à l'avion, nous perdons un échange culturel important. Cela ne peut être une solution.

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Au TechXperience, vous avez proposé uniquement des plats végétariens pendant une journée. Est-ce l’avenir ?

Sur les événements de plusieurs jours, une journée végétarienne, c’est l’avenir, oui. Un message important, bon pour la santé et tous les retours ont été positifs. Mais je dois avouer que nous tenons l’idée d’un partenaire. Cette journée végétarienne nous a été proposée par le restaurateur. Mais elle ouvre pour nous de nouvelles perspectives. Et nos participants étaient ravis. Pour les événements sur plusieurs jours, aux exigences élevées, la compétence des partenaires est cruciale.

D’où la devise : pourquoi ne pas essayer ?

Exactement. C'est une affaire de conscience. Il est toujours bon d’aller de l’avant. Il faut clairement communiquer ses valeurs, et même rejeter les projets qui vont à leur encontre. Mais surtout, nous devons présenter des arguments convaincants.

 

Note de l'éditeur : cette interview, ainsi que d'autres articles et interviews sur le développement durable et les événements MICE, ont été publiés à l'origine dans la version allemande du PRO SKY Destination Report 2020.